2025, une année significative pour Élisabeth Brière 

FÉDÉRAL.  L’année 2025 aura été bien chargée pour la députée fédérale de Sherbrooke, Élisabeth Brière. Elle aura été témoin des hauts et des bas du Parti libéral du Canada (PLC) : une réélection, des assermentations à titre de ministre, avant d’être finalement écartée lors d’un remaniement en mai dernier. Le Sherbrooke.info s’est entretenu avec Mme Brière afin de faire le point sur cette année mouvementée.

« Ç’a été un grand honneur. C’est déjà un privilège d’être députée de Sherbrooke, mais occuper un poste ministériel est important pour la région », confie-t-elle. Ce premier mandat ministériel a pris fin en avril, lors du déclenchement des élections, après s’être fait ajouté celui du ministère des Anciens Combattants, en mars 2025, par Mark Carney.

Rappelons que M.Carney est devenu le chef du PLC en mars en remplacement de Justin Trudeau, qui a démissionné le 6 janvier. Bien qu’elle souhaite désormais regarder vers l’avenir, Mme Brière porte un regard positif sur les mandats du dernier premier ministre.

« Je considère que Justin laisse un beau legs, avec plusieurs programmes sociaux et un filet social qu’il a bâti, qui permet à plusieurs Canadiens de recevoir des sommes importantes et de joindre les deux bouts. Il a dû gérer des crises historiques comme la pandémie de la COVID-19. Il fallait être là pour tout le monde : pour les citoyens comme pour les entrepreneurs. Mais en politique, même si tu répètes que tu as un bon bilan et que tu as fait de belles choses, le message ne passe pas toujours », explique-t-elle.

Selon elle, l’arrivée de Mark Carney, fort d’un curriculum vitae bien garni, apporte une nouvelle dynamique au caucus et au gouvernement. « On parle de deux styles de leadership différents. Après quelques mois, on constate que ce changement est salutaire et favorable. En tant qu’économiste, ayant été gouverneur de la Banque du Canada et premier gouverneur non britannique de la Banque d’Angleterre, il possède une feuille de route qui démontre sa capacité à gérer la situation actuelle », indique-t-elle, en faisant référence à la guerre tarifaire avec les États-Unis.

L’un de ses moments forts en 2025, Mme Brière l’a vécu dans ses fonctions de ministre des Anciens Combattants, lors d’un voyage aux Pays-Bas. « J’ai participé aux commémorations du 80e anniversaire de la libération des Pays-Bas par le Canada. Ç’a été un événement marquant. Nous étions en présence de quelques anciens militaires de la Deuxième Guerre mondiale et, lorsque j’assistais à la parade, que je voyais les chars militaires et que les vétérans nous racontaient leurs souvenirs, j’en avais encore des frissons. De voir comment nos militaires sont accueillis là-bas, avec des drapeaux canadiens brandis avec fierté, c’était extrêmement émouvant », se souvient-elle.

Une décision marquante 

Sur un coup de tête, Élisabeth Brière a également décidé de se raser les cheveux au profit de Leucan, un geste qu’elle ne regrette aucunement. « Ç’a été instantané, il fallait que je le fasse. Autour de moi, il y avait des collègues sur la Colline du Parlement qui avaient reçu des diagnostics, des personnes proches de moi aussi, dont mon amie Suzanne, atteinte d’un cancer du sein. Ma cousine m’a également annoncé par la suite qu’elle avait un cancer. Ça faisait beaucoup de gens autour de moi qui luttaient, alors je me suis dit que j’allais me lancer », raconte-t-elle.

Le 10 juillet a marqué le jour J, un moment qu’elle n’oubliera pas. « J’avais des papillons dans le ventre. Je me disais que ça ne repousse pas super vite. Mais je suis contente, parce que le geste a eu de l’impact. J’ai amassé des milliers de dollars, beaucoup de gens m’en ont parlé et ont été sensibilisés. C’est confrontant, mais je ne regrette pas de l’avoir fait », affirme-t-elle.

Enfin, au-delà de la crise économique, Mme Brière estime que le dossier des travailleurs étrangers temporaires a occupé une place importante en circonscription cette année.

« On a tenu plusieurs rencontres avec différents ministères. On a été très à l’écoute des personnes qui vivent cette réalité, tout comme des entrepreneurs. La pression est forte, parce que plusieurs se tournaient vers le programme des travailleurs étrangers lorsqu’ils n’avaient plus d’options. Quand des entrepreneurs me disent qu’ils ont des postes à combler, mais qu’ils ne reçoivent aucun CV, et qu’ils finissent par recruter des gens qui travaillaient déjà dans des dépanneurs ou des épiceries, on fait simplement déplacer le problème », conclut-elle.