Cégep de Sherbrooke : les syndicats se mobilisent contre les compressions

ÉDUCATION. Les coupures en éducation font l’objet de protestations de la part de trois syndicats du Cégep de Sherbrooke, qui se sont mobilisés mercredi après-midi afin de dénoncer une situation qui perdure depuis plusieurs mois.

Le gel d’embauche, le plafond d’heures travaillées et les coupes dans le budget de fonctionnement figurent parmi les éléments dénoncés par le Syndicat des personnes enseignantes du Cégep de Sherbrooke (SPECS-CSN), le Syndicat du personnel de soutien du Cégep de Sherbrooke (SPSCS-CSQ) et le Syndicat du personnel professionnel du Cégep de Sherbrooke (SPPCS-CSQ), unis pour cette mobilisation.

« On a eu un an de gel d’embauche des effectifs. C’est une façon de dire au gouvernement que ça fait un an qu’on ne peut pas embaucher. Les remplacements ne se font pas, les travailleurs accumulent les tâches et ont beaucoup de pression sur les épaules. On n’arrive pas à tout faire », affirme la présidente du Syndicat du personnel de soutien du Cégep de Sherbrooke, Josée Mercier.

Ces coupes se font sentir un peu partout, selon la coprésidente du Syndicat du personnel professionnel du Cégep de Sherbrooke, Nancy Turgeon.

« Quand ils refont un service, il n’y a plus de peintres, donc ça se voit dans l’état des lieux. Ça touche tous les secteurs. C’est un appauvrissement des services pour les élèves », explique Mme Turgeon.

La présidente du Syndicat des personnes enseignantes du Cégep de Sherbrooke, Évelyne Letendre, mentionne entre autres la réduction des heures de techniciens en travaux pratiques dans certaines disciplines, ainsi que la fermeture du guichet d’assistance aux élèves.

« On est tous sur la même longueur d’onde au Cégep : autant la direction, les syndicats que l’association étudiante. Il fallait rassembler les gens pour que notre discours porte », souligne Mme Letendre.

Ce rassemblement se voulait une première étape en vue d’une mobilisation plus importante prévue à la fin du mois de novembre à Montréal.

Mme Letendre explique aussi que les trois syndicats souhaitaient prendre la parole contre ce qu’ils qualifient d’« attaques du gouvernement ».

« Avec le PL 89 (devenu la loi 14), le PL 101 et le projet de loi 3, déposé la semaine dernière, le gouvernement tente de diminuer le pouvoir d’action des syndicats. Ces projets de loi touchent le droit de grève, la protection en santé et sécurité du travail, les cotisations syndicales et le fonctionnement des assemblées générales, entre autres. Le ministre Boulet, dans ses entrevues, tente d’effrayer la population en évoquant un manque de transparence et de démocratie au sein des syndicats », peut-on lire dans le communiqué.

Les présidentes estiment que ce sont aussi les droits des citoyens qui sont touchés.

« Nous nous opposons à cette image négative : nos syndicats exercent leurs fonctions avec transparence, agissent en mettant de l’avant les processus démocratiques et travaillent à défendre les droits des travailleurs et travailleuses bien au-delà de la simple convention collective. Nous croyons fermement que le rôle social des syndicats est nécessaire et qu’il faut le défendre », soutiennent-elles d’une même voix.