Sherbrooke Citoyen ne respecte pas les critères pour devenir l’opposition officielle selon la municipalité.
MUNICIPAL. Bien que Sherbrooke Citoyen (SC) souhaitait former l’opposition officielle, tel qu’annoncé mardi, avec le budget associé à cette désignation, la Ville de Sherbrooke a ensuite confirmé que le parti ne rencontre pas les critères liés à la notion de « conseiller désigné ».
«Après vérification sur le plan légal, la direction générale a informé les personnes élues que Sherbrooke Citoyen ne rencontre pas les critères prévus à la Loi sur les cités et villes quant à la notion de “conseiller désigné”. De ce fait, ils ne pourront se prévaloir des crédits nécessaires à la formation d’un cabinet », ont confirmé les communications de la Ville de Sherbrooke, mardi soir.
Laure Letarte-Lavoie a confié au Sherbrooke.info qu’il s’agissait de «l’interprétation de la Ville», confirmant qu’une demande officielle sera tout de même formulée durant le conseil muncipal ce soir.
En entrevue, la mairesse de Sherbrooke, Marie-Claude Bibeau, affirme que la direction générale avait déjà fait ses devoirs, constatant que la notion de conseiller désigné n’était pas transférable : seul Vision Action Sherbrooke pouvait s’en prévaloir.
« Qu’ils s’auto-proclament opposition officielle, c’est une position politique, grand bien leur fasse. Mais la désignation du conseiller désigné n’est pas recevable. La direction générale et les services juridiques avaient fait l’analyse dès le début parce que je devais savoir quel était le budget dont j’avais droit. Il y a une photo qui est prise le jour des élections et elle ne change pas. Il n’y a que Vision Action Sherbrooke qui pourrait s’en prévaloir », explique-t-elle.
Sherbrooke Citoyen affirmait mardi matin vouloir se prévaloir de ce droit après le départ de la conseillère du district de Lac-Magog, Annie Faucher, auparavant membre de Vision Action Sherbrooke, le parti qui aurait eu droit à ce statut et au financement associé.
N’étant pas au conseil municipal, le chef défait, Raïs Kibonge, souhaitait confier le rôle de conseillère désignée à Laure Letarte-Lavoie, élue du district de l’Hôtel-Dieu. Lors du point de presse, Mme Letarte-Lavoie et ses collègues, Catherine Boileau (Brompton), Fernanda Luz (Carrefour) et M. Kibonge (chef), disaient aussi vouloir utiliser le budget pour développer des propositions.
Concernant le budget, qui aurait été accessible au parti formant l’opposition officielle, soit le tiers du budget du cabinet de la mairie (plus de 540 000 $), Mme Bibeau a confirmé ne pas toucher au montant.
« Il est vrai que j’aurais pu utiliser ce montant. Lors de l’exercice budgétaire, j’ai dit aux collègues que j’allais le laisser sur la table. On a donc pu mettre ce montant à la disposition des services aux citoyens et aider à boucler le budget », affirme Mme Bibeau.
Une opposition pas en confrontation
Mme Letarte-Lavoie insistait sur le fait que le parti ne souhaite pas entrer en confrontation avec le conseil municipal.
« On veut offrir une alternative progressive aux citoyens de Sherbrooke. C’est ce qui permet que les décisions soient approfondies avec rigueur, que les enjeux soient débattus ouvertement et que la voix des citoyens soit représentée sous différents angles. Notre position sera constructive », dit-elle, ajoutant vouloir « chercher le dialogue » et favoriser la collaboration avec les élus.
La conseillère de l’Hôtel-Dieu estimait que ce rôle d’opposition officielle aurait permis à Sherbrooke Citoyen de mieux servir la population.
« On croit qu’avec une opposition structurée, on pourra prendre de meilleures décisions, aller consulter et s’appuyer sur une intelligence collective. Je ne veux pas m’opposer pour m’opposer, ce n’est pas ça qui me motive. Je suis motivée par les projets, je veux que ça avance », indique-t-elle.
Laure Letarte-Lavoie demandait à la population de faire confiance au modèle d’opposition qu’elle souhaite instaurer.
« Suivez-moi. Je veux offrir un nouveau modèle d’opposition, parce qu’on pense souvent qu’il faut dire non à tous les projets. Ce n’est pas ce qu’on souhaite faire. On veut proposer et être la voix des citoyens sur de grands enjeux comme le logement et l’itinérance », explique-t-elle.
