Transdev devra patienter avant de mettre fin à sa desserte locale entre Sherbrooke et Montréal
TRANSPORT. Transdev ne pourra pas encore mettre fin à sa desserte locale entre Sherbrooke et Montréal. La Commission des transports du Québec (CTQ) a estimé que la requête du transporteur devait être traitée par un autre canal au sein de l’organisation, selon une décision rendue le 31 octobre dernier, que Sherbrooke.info a pu consulter. On y indique toutefois qu’il ne s’agit pas d’un refus total.
Rappelons que l’entreprise a déposé une demande auprès de la CTQ afin d’abandonner sa desserte locale, qui dessert actuellement plusieurs municipalités en Estrie, notamment certains secteurs de Sherbrooke, Magog, Omerville, Eastman, Marieville, Saint-Césaire et plusieurs autres, le long de la route 112. Transdev explique que de nouveaux services de transport collectif se sont ajoutés au fil des dernières années, entraînant une baisse de l’achalandage, particulièrement du lundi au vendredi.
Dans sa décision, la CTQ souligne que le dépôt d’une modification d’horaire ou de fréquence ne peut pas être traité par la voie administrative habituelle.
« Après analyse de la preuve documentaire, la Commission estime qu’elle doit refuser ce dépôt. En effet, la Commission considère que les observations reçues à l’encontre de cette modification d’horaire ou de fréquence exigent un examen qui ne peut être effectué à travers le processus de dépôt », peut-on lire dans la décision signée par l’avocat et juge administratif Frédéric Pagé.
La Commission précise toutefois que ce refus ne met pas fin au processus.
« La présente décision n’est pas défavorable en soi, car elle ne vise qu’à orienter la demande vers un autre canal procédural. Transdev aura, dans cette autre procédure, l’occasion de répondre aux observations reçues », ajoute-t-on.
Selon le document, un usager s’est adressé à la Commission pour exprimer son désaccord face aux changements souhaités par le transporteur.
La requête de Transdev visant à abandonner sa desserte locale du lundi au vendredi entre Sherbrooke et Montréal est donc pour l’instant mise sur la glace.
Une décision «réfléchie », assure Transdev
Contactée jeudi après-midi, Transdev soutient que le processus suit son cours avec la CTQ. Quelques jours auparavant, le transporteur avait justifié sa décision par la baisse d’achalandage observée depuis la pandémie.
« La décision de mettre fin au service local en semaine n’a pas été prise à la légère, mais découle d’une baisse importante de la fréquentation depuis la pandémie de COVID-19. Nos autocars peuvent parfois circuler avec moins de dix passagers en semaine, ce qui rend ces trajets peu viables. Comme le transport interurbain n’est pas subventionné au Québec, chaque départ peu fréquenté exerce une pression à la hausse sur le prix des billets pour l’ensemble des usager, un fardeau que nous tenons à éviter », explique par courriel Émile Cadieux, vice-président principal, Québec & Maritimes, chez Transdev Canada.
M. Cadieux ajoute que plusieurs alternatives existent désormais dans la région.
« Les municipalités concernées disposent maintenant d’alternatives locales de transport collectif, ce qui explique la diminution de la demande. Pour maintenir un service abordable et durable, nous concentrons donc nos efforts sur la ligne express et conserverons la desserte locale la fin de semaine, là où les besoins demeurent », conclut-il.
Par le biais d’un courriel, la Commission du Transport du Québec confirme la réception d’une demande de la part de Transdev.
«Conformément aux conclusions de la décision ci-jointe, Transdev Québec inc. a déposé, le 3 novembre 2025, une demande de modification d’horaire ou de fréquence concernant ses permis en continuation du refus du dépôt initial. Cette demande est actuellement en cours de traitement à la Commission», peut-on lire.
