Vieillissant, le poste Saint-François s’offre une cure de rajeunissement
ÉLECTRICITÉ. Le poste électrique Saint-François s’est refait une beauté dans la dernière année, alors que des travaux majeurs ont été réalisés : agrandissement du terrain pour offrir davantage d’espace aux équipements électriques, ajout de nouvelles structures et construction d’un nouveau bâtiment de commande.
Plus précisément, un nouveau bâtiment de commande a été érigé, puisque l’ancien qui datait de 1958, avait largement dépassé sa durée de vie. Les équipes ont également procédé à la réfection des ouvrages et des appareillages du 120 000 volts, au remplacement complet du système de commande et de protection du poste, ainsi qu’à l’entretien général des équipements.
Devant différentes problématiques sur le site, Hydro-Sherbrooke a voulu prendre le taureau par les cornes et les régler une bonne fois pour toutes. Ces travaux devenaient de plus en plus nécessaires, selon le chef de division, exploitation et services d’Hydro-Sherbrooke, Mathieu Valiquette.
« On était souvent dans l’obligation de faire réparer parce qu’on n’avait pas d’autres options. On était arrivés à un point où il fallait refaire les bases de béton. Si on fait ça pour 100 ans, est-ce que l’acier va encore tenir? On ne voulait pas se retrouver à recommencer dans 10 ans. On n’était pas assez riches pour le faire deux fois, alors on l’a fait une fois, mais comme il faut », explique-t-il, en ajoutant que le poste Saint-François alimente plus de 25 000 foyers, dont ceux de Fleurimont, de l’autre côté de la rivière, ainsi que le CHUS.
Au total, incluant la construction du bâtiment au coût de trois millions de dollars, les communications de la Ville de Sherbrooke affirment qu’il s’agit d’un investissement total de 13 M$.
La configuration du poste, qui avait subi différentes modifications au fil des décennies, compliquait la tâche de l’organisation à plusieurs niveaux, notamment en matière de maintenance.
« On veut que ce soit simple en maintenance et plus facile pour les équipes, mais aussi plus sécuritaire pour les employés. Avec la nouvelle configuration, on s’est fait de la place, on a agrandi. C’était sécuritaire, mais les distances étaient très serrées. On peut croire que les travaux réalisés vont tenir près de 100 ans. »
Selon M. Valiquette, l’espace était aussi trop restreint auparavant pour permettre l’ajout d’un outil de mesurage à 120 kV, lequel donne droit à un crédit d’environ 200 000 $ par année de la part d’Hydro-Québec.
Les pannes estivales expliquées
Le poste étant à l’arrêt pendant les travaux, ceux-ci ont exercé une pression supplémentaire sur le réseau au cours de la dernière année, puisque la tension était redirigée vers les autres postes, ce qui explique les pannes impressionnantes de l’été.
« Comme le poste est arrêté depuis avril, les autres postes en prenaient plus. Ce n’était pas un problème pour la tension ou le courant, mais dès qu’il y avait une panne, elle touchait beaucoup plus de clients. »
Hydro-Sherbrooke reconnaît qu’elle aurait aimé expliquer davantage la situation, mais l’organisation a préféré rester discrète sur le chantier pour une raison bien précise : éviter les vols de cuivre.
« On ne voulait pas attirer les regards ni les problèmes sur le chantier, même si on s’est quand même fait voler du matériel, malgré la présence d’agents de sécurité, de caméras et d’un bon éclairage », raconte-t-il.
Partout en Amérique du Nord, les vols de cuivre sont une problématique importante. D’ailleurs, l’entreprise de télécommunications Bell a tiré la sonnette d’alarme en juillet 2025, indiquant que les incidents liés au vol de cuivre avaient augmenté de 23 % en 12 mois au Canada.
« Bell a répertorié plus de 2 270 vols de cuivre à l’échelle nationale depuis 2022, ce qui représente 88 % de tous les incidents de sécurité physique liés à son réseau », indiquait alors l’entreprise dans un communiqué.
Hydro-Sherbrooke s’est même dotée d’un système anti-vol pour dissuader les malfaiteurs, une des améliorations rendues possibles grâce aux travaux.
En attendant le cinquième poste
Selon M. Valiquette, la construction du nouveau bâtiment était souhaitable pour les opérations, mais aussi essentielle, puisque l’ancien bâtiment était devenu trop proche du poste.
« Ce bâtiment, ce n’est pas juste un endroit pour manger. C’est le cerveau des opérations. L’intelligence de la commande et de la protection se trouve là-dedans. Le poste ne peut pas fonctionner sans lui, d’où l’importance d’investir. » L’ancien bâtiment sera d’ailleurs démoli l’an prochain.
Il est inévitable qu’un cinquième poste électrique soit nécessaire pour répondre à la croissance de la ville, selon Hydro-Sherbrooke. Toutefois, ce n’est pas pour demain. Les conditions étaient cependant réunies pour justifier les investissements au poste Saint-François avant de penser au prochain.
« On l’a fait au bon moment pour régler des problématiques qui traînaient depuis plusieurs années. Une partie avait été réglée en 2012, mais on savait qu’il fallait réinvestir. On a pu justifier cet investissement. Tout le monde veut de l’énergie, les besoins augmentent, la ville est en progression. Tout s’est aligné pour régler les problèmes ici avant de pouvoir se concentrer sur le cinquième poste, maintenant qu’on n’a plus de lacunes. »
