Année décisive pour Tyson Hinds chez les Ducks

LNH. Quatre ans après sa sélection par les Ducks d’Anaheim au repêchage de 2021, Tyson Hinds n’a toujours pas goûté au hockey de la ligue nationale. Maintenant âgé de 22 ans, l’ancien défenseur du Phoenix de Sherbrooke voit la prochaine saison comme une année charnière pour la suite de sa carrière professionnelle.

Depuis maintenant deux saisons, Hinds évolue dans les rangs professionnels avec le club-école des Ducks, les Gulls de San Diego, dans la Ligue américaine de hockey (LAH). Un environnement exigeant, loin du confort du junior, où l’apprentissage passe autant par l’adversité que par les succès.

« On voit qu’on n’est plus dans la LHJMQ, confie-t-il. Je m’échappe parfois à repenser à mon parcours junior. Maintenant, je réalise que c’est vraiment un travail et que je ne peux pas me laisser aller, parce qu’un autre joueur va prendre ma place. »

Choix de 3e ronde des Ducks (76e au total) en 2021, le défenseur gaucher de 6’3″ a connu une progression constante, même s’il admet que ses débuts ont été cahoteux. Après une première saison d’adaptation dans la LAH où il a récolté 10 points en 71 matchs, il a montré de nets signes de maturité l’an dernier. « Ma première saison, j’ai été surpris par le niveau de jeu. J’ai eu des hauts et des bas, et ça m’a pris un moment avant de prendre mon rythme. La saison dernière, je sentais déjà que je retrouvais ma game. Le jeu ralentissait, je faisais moins d’erreurs », partage celui qui s’est même mérité un rappel avec le grand club en novembre, sans toutefois voir de l’action dans la LNH.

Hinds, reconnu pour son jeu défensif intelligent et sa mobilité, ne se fixe pas de plafond immédiat. Il voit davantage sa progression comme un processus. « La chose la plus importante selon moi, c’est de continuer d’évoluer. De ne pas être satisfait parce que tu connais de bons moments. »

Une fraternité québécoise en Californie

L’adaptation à la vie professionnelle, surtout en début de carrière, peut être particulièrement ardue pour un espoir qui n’a jamais joué contre une compétition plus âgée et expérimentée. Pour Hinds, la présence de visages familiers dans l’organisation a joué un rôle important.

« Je pense que ça m’a beaucoup aidé d’avoir d’autres jeunes dans la même situation que moi. Quand je suis entré dans la ligue, j’étais avec Nathan Gaucher, et on vivait des défis similaires. Après, on a accueilli Noah Warren et Tristan Luneau, et ça nous a permis de développer une complicité. Dans l’ensemble, ça a facilité notre parcours, parce que, veux veux pas, c’est beaucoup de nouveaux apprentissages en peu de temps. »

Une saison décisive

Alors que plusieurs jeunes défenseurs cogneront à la porte du grand club cette année, et ce, avec très peu de postes disponibles, Hinds sait qu’il devra livrer sa meilleure performance au prochain camp d’entraînement. Les Ducks comptent notamment sur plusieurs excellents arrières gauchers, dont Jackson Lacombe, Pavel Mintyukov, Olen Zellweger et l’espoir norvégien Stian Solberg.

« Je sens que le prochain camp sera très important pour moi. On a beaucoup de jeunes motivés qui veulent faire partie de ce que les Ducks bâtissent. Je suis conscient qu’il y a plusieurs bons joueurs à ma position, ça va être à moi de trouver un moyen de me démarquer. Mais j’ai confiance que mon tour va arriver », assure le jeune homme originaire de Gatineau.

2025-2026 marquera aussi la dernière saison de son contrat d’entrée de trois ans. Une situation qui pourrait exercer une pression supplémentaire, mais Hinds refuse d’y accorder trop d’attention. « Honnêtement, j’essaie de ne pas y penser. Je regarde ma saison de la même manière que je regarde celle de l’année dernière. »

Gagner en constance

Conscient de ses points à améliorer, Hinds se dit bien aligné avec le plan de développement des Ducks, lui qui dit maintenir un contact régulier avec la direction du club.

« Je suis motivé à faire la ligue nationale, lance-t-il avec assurance. Je sais ce que ça prend pour atteindre le prochain niveau. Je parle souvent avec l’organisation et nous sommes sur la même page. Ce que je dois travailler, c’est surtout la constance de mon jeu avec la rondelle. Je pense que je peux être encore plus rapide et plus efficace dans mon exécution et tout ça vient avec l’entraînement et les répétitions. »

Un lien fort avec Sherbrooke

Même s’il évolue aujourd’hui en Californie, le défenseur n’oublie pas d’où il vient. Son passage de deux saisons avec le Phoenix de Sherbrooke reste gravé dans sa mémoire.

« Le Phoenix, c’est l’organisation qui me rappelle la maison. J’ai encore de bons contacts avec mes anciens coéquipiers avec qui on a vécu de très bonnes saisons. C’est l’organisation avec laquelle j’ai le plus grandi et où j’ai eu mes meilleures expériences juniors », mentionne celui qui a aussi participé au Championnat mondial junior en compagnie de Joshua Roy et Stéphane Julien, avec qui il a remporté la médaille d’or, en 2022-2023.