Fin du Publisac en 2024: Icimédias distribuera ses journaux de façon différente 

PRESSE HEBDOMADAIRE.

L’arrêt des activités du Publisac, prévu en avril 2024, créera assurément un bouleversement, mais il annonce aussi le début d’une nouvelle ère dans les modes de distribution privilégiés par la compagnie Icimédias.

Président de ce groupe de presse qui possède 23 journaux imprimés et web (dont le Sherbrooke.info), Renel Bouchard n’a pas été surpris outre mesure de la décision de Transcontinental, qui a confirmé au cours des dernières heures la fin de sa division Publisac d’ici le printemps prochain.

« On savait que ce moment allait arriver un jour et on s’y préparait déjà depuis un certain temps. On peut maintenant mettre en place un plan d’action avec des échéanciers précis », fait valoir M. Bouchard.

Ce plan d’action passera notamment par une refonte de la distribution hebdomadaire des journaux d’Icimédias, qui étaient en majorité ensachés et livrés de porte en porte par le Publisac.

« Ce modèle d’affaires était unique et existait depuis 46 ans. À l’époque, la plupart des hebdomadaires étaient vendus. Mais lorsque Publisac est arrivé en distribuant des journaux gratuits, il a forcé les autres publications à devenir gratuites à leur tour », rappelle ce vétéran de la presse écrite.

 » C’était un changement de paradigme important à ce moment et on s’apprête à vivre un autre changement majeur « , estime-t-il.

« Ces changements seront très importants pour toutes nos équipes, insiste-t-il, et pour nos lecteurs aussi. »

Points de dépôt

Une des avenues privilégiées sera la distribution des exemplaires en points de dépôt, que ce soit dans des commerces, résidences pour personnes âgées ou autres endroits publics. Ce mandat sera assuré en priorité par Messageries Dynamiques.

Un tel procédé est d’ailleurs déjà en vigueur au journal Sherbrooke.info, lancé à la mi-septembre. Plus de 15 000 copies sont ainsi offertes gratuitement chaque semaine à la population sherbrookoise, à travers les quelque 200 points de dépôt répartis aux quatre coins de la ville.

« On a justement opté dès le départ pour la distribution en points de service, sachant fort bien que cette méthode risquait d’être étendue un jour à nos autres journaux. C’est en quelque sorte un projet pilote qui va nous servir dans notre transition », indique M. Bouchard.

Ce dernier se montre optimiste quant à l’efficacité de la nouvelle formule, citant l’exemple des États-Unis. « Plusieurs journaux américains connaissent du succès, bien qu’ils soient disponibles uniquement en points de dépôt. À Burlington, une ville tout près d’ici (Vermont), on retrouve un hebdo publié à 30 000 copies et qui compte une centaine de pages chaque semaine », compare-t-il.

Changer ses habitudes

Et même si on diminuera forcément le nombre d’exemplaires imprimés, le président d’Icimédias assure que chaque journal conservera son rayonnement et sa présence sur le marché.  » Selon nos chiffres, ce sont 60 à 65 % des copies livrées à domicile qui sont véritablement lues, alors que dans un point de dépôt, près de 100 % des copies seront prises par des gens qui veulent les lire « , fait-il remarquer.

« Le défi maintenant, c’est que le citoyen prenne soin de cueillir son journal lorsqu’il va faire son épicerie ou ses autres emplettes. Ce sera notre travail de l’accompagner dans ce changement de ses habitudes. « 

Des envois postaux à des endroits ciblés (places d’affaires, etc) et des livraisons spéciales dans les secteurs ruraux pourraient également venir compléter la distribution.

Mais peu importe la façon de rejoindre le lectorat, l’ADN des journaux d’Icimédias restera inchangé, promet Renel Bouchard.

« Notre mandat demeure le même, soit offrir une information locale de qualité et mettre en lumière nos annonceurs, autant dans notre version papier que sur nos plates-formes numériques. Nos journaux ont toujours occupé un grand rôle dans leurs communautés respectives et ils vont continuer de le faire. »

« Le soutien de nos lecteurs est essentiel et c’est conjointement avec eux qu’on va faire cette transition », conclut-il.