Grogne à propos des compressions budgétaires en éducation : « C’est une mission impossible »
ÉDUCATION. Plusieurs acteurs du milieu de l’éducation en Estrie ont dénoncé jeudi (26 juin) les compressions budgétaires annoncées par le gouvernement québécois, qui font les manchettes depuis bientôt une semaine. Selon les divers représentants estriens, une chose est sûre : ces coupures toucheront indéniablement les services aux élèves, notamment les plus vulnérables.
Ce sont donc des coupures totalisant au moins 570 M$ sur la province, 40 M$ en Estrie et 22 M$ au Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke.
Pour plusieurs, il s’agit de la goutte qui a fait déborder le vase. « En 35 ans dans le domaine de l’éducation, c’est la première fois que je participe à une mobilisation provinciale aussi importante. […] En éducation, il y a trois missions : instruire, socialiser et qualifier. Le gouvernement est en train d’échouer », explique Daniel Guillot, membre du conseil d’administration et conseiller en relations du travail pour l’Association des directions d’établissement en Estrie (ADEE).
Pour sa part, Geneviève Simon, présidente du Comité de parents des Sommets, n’a pas mâché ses mots. « Nous sommes toujours en train d’essayer de faire plus avec moins. Le réseau scolaire est déjà un réseau fragilisé, à bout de souffle et en précarité. Au comité, on ne parle pas de coupures dans les budgets, on parle de sabotage budgétaire. Actuellement, si on accepte ce que le gouvernement fait, on pense qu’on va participer au démantèlement du réseau d’éducation public au Québec », lance-t-elle, en conférence de presse.
Les compressions de 22 M$ que devra encaisser le Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke impliqueront ainsi la réduction d’un bon nombre de services. À titre d’exemple, parmi les 250 techniciennes ou techniciens en éducation spécialisée (TES) sur le territoire sherbrookois, environ 40 sont en danger.
« C’est du jamais-vu, avoue Alexandre Boutin, président du Syndicat du personnel technique et administratif du Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke (SPTA-CSQ). Même si on fermait entièrement le centre administratif du Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSSRS), et qu’on mettait tout le monde à pied, on n’arriverait même pas à couper 22 M$. C’est un petit peu impensable. »
L’élève directement touché
Ce rassemblement avait pour but de sensibiliser la population face aux impacts desdites coupures, d’après David Raymond, président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE-CSQ). « Les gens doivent réaliser à quel point les compressions demandées auront un impact pour la rentrée scolaire. C’est majeur! Nos élèves en difficulté d’apprentissage, de clientèle immigrante ou bien de familles défavorisées seront particulièrement affectés », raconte-t-il.
D’ailleurs, Mme Simon espère que cette levée de boucliers entraînera une forte mobilisation de la société. « Nous invitons les 18 000 parents de notre centre de services scolaire à rejoindre la cause. Ce sera une mobilisation massive! Une coupure comme celle-là, sans précédent, va créer une réaction sans précédent », ajoute la dame.
Réponse du gouvernement
Dans un message publié jeudi en après-midi sur ses réseaux sociaux, le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, a rappelé à la population que le budget actuel a grimpé de 1,1 G$ comparativement à l’an passé.

Selon les chiffres du gouvernement provincial, le budget en éducation a toujours été en constante augmentation au fil des dernières années. (Photo tirée de Facebook – Bernard Drainville)
« J’invite tous ceux qui parlent de “coupures” à regarder les chiffres plutôt que les slogans. Depuis que la CAQ est au gouvernement, le budget du ministère de l’Éducation a augmenté de 58 %. C’est bien plus que l’inflation! Jamais un gouvernement n’en a fait autant, aussi rapidement, pour nos écoles. Comme ministre, j’en suis fier! », s’exclame M. Drainville à travers sa publication, qui a attisé la colère de nombreux internautes.
En parallèle, la Coalition Avenir Québec (CAQ) du premier ministre québécois, François Legault, continue de reculer dans les intentions de vote, selon le plus récent sondage de la firme Léger. Avec 17 % des votes, les caquistes termineraient la course derrière le Parti libéral du Québec (28 %) et le Parti québécois (30 %).
