Une mention qui ouvre tous les horizons 

RESTAURATION. Une grande surprise est apparue dans la boîte courriel du restaurant Vin Polisson, sur la rue King Ouest, il y a quelques mois : une mention dans le prestigieux Guide Michelin. Une fierté inattendue pour ce restaurant qui marie vins naturels issus de pays nordiques et pique-assiette.

« Ça a vraiment été une bonne surprise, on est très contents d’avoir été reconnus. Je n’aurais jamais cru qu’on pourrait recevoir une telle mention. Nous sommes honorés d’être entourés d’endroits très réputés comme le Manoir Hovey. C’est une belle chance qu’on a », affirme la copropriétaire, Charlie Abran Fréchette.

L’honneur est d’autant plus grand pour celle-ci qu’elle entretient déjà un attachement particulier envers le Guide Michelin. « Je suis une foody. Je le consulte souvent, et je note plein d’adresses dans mon téléphone au cas où je passe près quand je voyage. Je suis encore émerveillée. »

Ouvert depuis cinq ans, le Vin Polisson tente depuis ses débuts de se tailler une place dans le paysage sherbrookois, avec une offre qui, selon Mme Abran Fréchette, n’existait pas encore à Sherbrooke. Son collègue, Raphaël Rioux, et elle, tous deux issus du monde de la restauration – lui du Siboire, elle du King Hall et de l’Antidote – voulaient créer un petit endroit à leur image.

« On pensait qu’il manquait quelque chose ici. On est des fans de vin, on voyage beaucoup pour ça, mais on trouvait que l’offre était limitée. Ce qu’on propose est très pointu. C’est niché, mais c’est notre couleur », mentionne-t-elle, faisant référence à leur spécialisation dans les vins naturels de pays nordiques.

Le restaurant peut accueillir un maximum de 25 personnes assises, rendant l’expérience chaleureuse et personnalisée, comme le souhaitaient les propriétaires.

« On voulait quelque chose d’intime. C’est un local avec beaucoup d’histoire, puisqu’il a autrefois accueilli le Petit Paris. On l’entend à chaque soir. On est vraiment contents de l’ambiance qu’on peut offrir. »

Pour la restauratrice, la cheffe Isabelle Charest est au cœur du succès du restaurant. « Notre cheffe est extraordinaire. Elle rend tout ça possible. »

Mettre Sherbrooke sur la carte

Mme Abran Fréchette espère que cette nomination donnera un nouvel élan à la scène gastronomique de Sherbrooke, et inspirera d’autres restaurateurs à se dépasser.

« On espère que ça va créer un momentum. Je pense que le Guide peut attirer un tourisme gastronomique. Sherbrooke pourrait devenir une belle plaque tournante pour les gens qui veulent découvrir notre cuisine. J’espère que ça suscitera de l’enthousiasme, qu’ils reviendront, et que ce sera peut-être l’occasion pour d’autres de briller aussi », dit-elle.

Même si l’arrivée du Guide Michelin n’a pas fait que des heureux dans la communauté des restaurateurs québécois, elle estime qu’il faut voir cette reconnaissance comme une opportunité et une publicité positive pour le milieu. « On peut décider de le bouder si on veut, mais je ne pense pas que ce soit la bonne attitude. Il va s’installer de toute façon. Autant en profiter. La clientèle recherche ça. »

Elle reconnaît que cela peut aussi amener un revers, particulièrement dans les grandes villes où la compétition est féroce.

« On ne le sent pas ici. Je pense que c’est peut-être plus présent dans des villes comme Toronto ou Montréal, où plusieurs font la même chose, et où la lumière de l’un peut faire de l’ombre à l’autre.»

Le Guide Michelin reconnait et distingues la gastronomie à travers le monde depuis des décennies à l’aide d’inspecteurs anonymes qui visitent les établissements. Il s’agit d’un premier passage au Québec.