Un passionné du jeu, devenu mentor

ENTRAÎNEUR. Entraîneur adjoint avec le Phoenix de Sherbrooke depuis 2021 et tout récemment nommé assistant au directeur général, Jonathan Deschênes est en train de s’établir comme une figure montante du hockey québécois. Il partage aujourd’hui son parcours qui l’a mené jusqu’aux bancs de la LHJMQ et d’Équipe Canada.

Un gardien de but sur la glace, Deschênes a toujours eu la passion de diriger. Alors qu’il portait toujours les jambières au niveau junior, le jeune homme originaire de Québec étudiait déjà les systèmes de jeu, et portait une grande attention aux directions de ses entraîneurs.

« Quand j’étais en sports-études à l’école Cardinal-Roy, à Québec, j’étais toujours celui qui répondait aux questions du coach, même celles qui ne me concernaient pas. J’étais gardien, mais je trippais hockey. Quand je n’étais pas dans les buts, je discutais avec les défenseurs. J’aimais aider mes coéquipiers à s’améliorer », se remémore Deschênes.

Ce dernier n’a pas perdu de temps avant de prendre à son tour les rênes d’une équipe. « J’ai commencé à coacher à 18 ans, dans le Pee-Wee B, avec mon meilleur ami Paul-Olivier Rock. On goalait ensemble et on a décidé de prendre une équipe tous les deux. »
Rapidement, il a grimpé les échelons, amassant au passage une expérience précieuse et un vaste réseau de contacts. Il aboutit éventuellement avec les Chevaliers de Lévis au niveau M18AAA, en tant qu’adjoint à Mathieu Turcotte. Les deux hommes mènent une jeune équipe menée par un certain Joshua Roy à une saison historique de 41 victoires.
« On avait un alignement assez exceptionnel. J’aimerais pouvoir prendre le crédit, mais c’est le genre d’équipe que tu ne vois pas souvent dans une carrière. Ça m’a aussi permis de comprendre que tu peux être le meilleur entraîneur, au final, le talent des joueurs y est aussi pour beaucoup dans le succès d’une équipe »

Le saut en LHJMQ

Deschênes est ensuite prêt à passer à la prochaine étape.  Il regarde donc en direction du circuit junior majeur québécois. Ses compétences pour le « vidéo » et le fait qu’il ait développé un système de statistiques avancées conçu pour analyser les gardiens sont des outils très intéressants pour les clubs de la LHJMQ. Il passe donc plusieurs entrevues, avant de recevoir un appel inattendu du Phoenix.

« Je n’avais pas appliqué parce que je croyais qu’ils cherchaient quelqu’un avec plus d’expérience pour les défenseurs. J’ai fait l’entrevue, et en sortant, je me disais que ça s’était passé correct, sans plus. Je suis redescendu à Québec sans trop d’attentes, mais 24 heures plus tard, le Phoenix m’appelait pour le poste. »

« En termes de ville junior, je ne pouvais pas demander mieux! J’adore l’équipe, la ville, l’aréna. Même que la première partie de hockey junior que j’ai vue à l’extérieur de Québec , c’était ici, à Sherbrooke. Une belle coïncidence », rigole celui qui pilote désormais la brigade défensive des Oiseaux ainsi que l’avantage numérique.

Une progression surprenante

En regardant derrière lui, Jonathan Deschênes ne peut s’empêcher de sourire, en se remémorant les soirées passées avec son bon ami, à analyser les matchs de la Ligue nationale non pas avec une assiette d’ailes de poulet, mais plutôt avec un calepin et un crayon en main. Il se souvient encore des échanges avec son bon ami, Paul-Olivier Rock, à essayer de visualiser leur chemin vers les plus hauts sommets.

« Paul-Olivier et moi, on était assis à la table de cuisine à planifier notre carrière sans trop savoir de quoi on parlait. On se disait : dans cinq ans, on est bantam AAA ; cinq ans plus tard, on est midget AAA ; et à 35 ans, on est dans le junior majeur. Nous sommes encore très proches, et à chaque fois qu’on se revoit, on repense à ça et on rit », raconte-t-il.

Il faut dire que l’entraîneur a gravi les échelons beaucoup plus rapidement qu’anticipé, lui qui encore dans sa jeune trentaine, vient d’amorcer sa cinquième saison dans la ligue. Si ce n’était pas suffisant, ce dernier s’est même retrouvé à trois reprises dans le personnel de l’Unifolié.

Après une première expérience avec l’équipe nationale féminine qui lui a permis de « mettre un pied dans la porte », Deschênes a été nommé entraîneur vidéo avec la formation U17 masculine, avant d’accompagner cet été les meilleurs espoirs canadiens au prochain repêchage de la LNH (dont un certain Thomas Rousseau), à la prestigieuse Coupe Hlinka-Gretzky.
« Ce sont tous des opportunités tellement enrichissantes. Non seulement c’est une expérience incroyable pour un CV, mais je vois ça comme un bel accomplissement personnel », souligne-t-il.

Viser toujours plus haut

Toujours animé par la même passion qu’à ses débuts, Jonathan Deschênes voit grand pour la suite. Même s’il dit se plaire avec les Oiseaux, il admet que son rêve demeure de faire carrière au niveau professionnel.
À moyen terme, j’aimerais être adjoint dans la Ligue américaine. Peut-être que ça passera par un poste d’entraîneur-chef dans le junior. Chez les pros, je crois que la meilleure chaise pour moi est celle d’adjoint. Et oui, l’objectif ultime évidemment, c’est la Ligue nationale », termine-t-il en esquissant un sourire à l’auteur de ces lignes.