Un entraîneur impatient de relever le défi

FOOTBALL. La fin du mois de novembre a marqué un tournant majeur pour les Gaiters de l’Université Bishop’s. Après neuf saisons au sein de l’association du Sport Universitaire de l’Atlantique (SUA), le programme de football fera officiellement son retour dans le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ), et ce dès l’automne prochain. Un changement de ligue qui suscite à la fois réflexion, motivation et enthousiasme chez l’entraîneur-chef Chérif Nicolas, à l’issue d’une saison qu’il qualifie de formatrice.

Éliminés en demi-finale de leur ligue après avoir remporté le Loney Bowl l’année précédente, les Gaiters ont connu une campagne particulièrement éprouvante. « C’était une saison en dents de scie, personne ne dit le contraire. On aurait souhaité un meilleur résultat, mais c’est une des plus grandes leçons que les joueurs vont en tirer », explique Nicolas, qui vante toutefois le comportement de son groupe. « J’ai adoré la façon dont les gars se sont comportés dans l’adversité. Il faut dire que c’est une saison où on a eu énormément de blessés. »

Au-delà du résultat final, l’entraîneur rappelle le chemin parcouru au cours des dernières années dans la SUA. « Dans nos trois dernières saisons, on n’a perdu que cinq matchs. Je pense qu’il faut arrêter de regarder uniquement la fiche complète. C’est un club qui a énormément grandi et on peut être fier de ce qu’on a construit. »

La prochaine étape pour l’entraîneur et ses protégés s’avère excitante, mais aussi pleine de défis. Mais Chérif Nicolas assure n’avoir qu’une seule chose en tête, le football.

« La ligue dans laquelle on joue, ce n’est pas de mon ressort. Ce qui m’importe, c’est ce qu’on fait en troisième et une, illustre-t-il. Quand ça s’est officialisé qu’on allait au Québec, j’ai regardé ça froidement et je me suis dit : nouveau défi, on va attaquer ça avec motivation. »

Une vague de changements

Cette transition aura toutefois un impact significatif sur plusieurs aspects du programme, incluant évidemment le recrutement, un enjeu central pour Bishop’s. « Il y a des gars qui nous disaient quand on les approchait : j’adore Bishop’s, mais je ne veux pas jouer dans la SUA. Maintenant, ils n’ont plus cette excuse, souligne Nicolas. À l’inverse, certains ont pris le pari d’embarquer avec nous, et je pense qu’ils ne regrettent pas leur décision. »

Le RSEQ, considéré par la majorité comme la ligue la plus relevée au pays, ne laisse place à aucun doute selon lui. « Le Québec a été en finale dans 14 des 15 dernières Coupes Vanier, avec 10 victoires. Il n’y a plus de débat. Oui, il y a des enjeux de parité, mais ça demeure la meilleure ligue universitaire au Canada. »

Il rappelle également l’attrait que représente le programme pour les recrues. « Ultimement, la décision revient aux joueurs. Tu peux décider d’aller jouer dans une autre université, où tu ne vas peut-être pas jouer ou à peine, sans scholarship. Ou bien tu peux venir ici, ou on va probablement t’en donner un et où tu vas avoir une chance de compétitionner dès ta première année. »

Sur le terrain, les Gaiters pourront aussi compter sur l’expérience de plusieurs vétérans, mais surtout de leur quart-arrière Justin Quirion, qui disputera une cinquième et ultime saison. » Le quart-arrière, c’est le nerf de la guerre au football. Justin sait ce que c’est de gagner, mais aussi de perdre. Cette expérience-là est inestimable. »

Alors que le recrutement et la préparation du calendrier occupent présentement l’état-major, Nicolas est conscient de l’adaptation à venir. « Les autres équipes vont nous analyser. De notre côté, on doit faire la même chose, mais avec cinq nouveaux adversaires. »

Enfin, le principal intéressé s’est dit excité à l’idée de retrouver le rival naturel des Gaiters, le Vert & Or de l’Université de Sherbrooke, et de vivre cette rivalité sur les lignes de côté. « J’ai vraiment hâte, et je pense que coach Régimbald l’est aussi. J’ai même dit aux gars qu’à partir de maintenant, ils n’ont plus le droit de porter du vert ! », a-t-il conclu en riant.